Natura 2000 : le pique-prune et le Nouzillard

Le site Natura 2000 à Osmoderma eremita se situe au Sud-Est du département de la Sarthe (72), au sud du Mans et le long de l’axe autoroutier Alençon-Tours. Il se trouve plus précisément entre le nord de la vallée du Loir et le sud ouest du massif forestier de Bercé. D’une superficie de 4723 ha, c’est un territoire composé de bocages et de vergers de châtaigniers.

8 communes sont concernées par le site des châtaigneraies à Osmoderma eremita. Les communes les plus concernées par le site sont Verneil-le-Chétif et Mayet puisqu’elles ont respectivement 82 % et 41 % de leur superficie en site Natura 2000 (soit 1 216 ha et 2 245 ha). A elles deux, elles représentent près de 80 % du site.

609 ha de la commune de Lavernat sont concernés par le site Natura 2000.

Pique-prune, lucane cerf volant et grand capricorne

Trois espèces sont recensées dans le formulaire standard des données qui sert de base à l’élaboration du document d’objectifs :

- le Lucane cerf volant : Lucanus cervus

- le Grand capricorne : Cerambyx cerdo

- le Pique-prune : Osmoderma eremita

Ce sont des espèces saproxyliques, c'est-à-dire qu’elles se nourrissent de bois morts préalablement attaqués par les cortèges fongiques et bactériens.

Le Pique-prune dépend d’une cavité et du terreau présent à l’intérieur, puisque les larves s’y développent et que les adultes s’y reproduisent. Ces cavités sont présentes sur les arbres très âgés de 150 à 400 ans. Or l’entretien des boisements a provoqué la raréfaction de cet habitat (élimination des individus âgés ou malades). Il est donc difficile de trouver de tels arbres à l’heure actuelle en milieu forestier. Cette espèce a dû s’adapter et trouver refuge dans les habitats de « substitution » tels que les arbres greffés ou entretenus par des coupes régulières. Ainsi, il est possible de les trouver sur les arbres têtards à bois dur à partir de 70 ans (chênes, érables, charmes, frênes, …) et à partir de 40 ans pour les espèces à bois tendre (saules, peupliers, tilleuls) présents dans les bocages ou les vergers. En effet, les blessures régulières créées lors de l’émondage favorisent l’apparition de cavités intéressantes pour le Pique-prune. Or la création et l’entretien de ces arbres têtards demandent un savoir-faire qui tend à disparaître.

Le Grand capricorne et le Lucane Cerf volant sont moins exigeants, mais ils utilisent le même type d’habitat. En effet, ils apprécient particulièrement les vieux arbres tels que les chênes.

Le Nouzillard

La commune de Lavernat conserve d'anciens vergers de châtaignier. Composés d’arbres organisés en rangs d’une vingtaine d’individus, ces milieux ouverts ne possèdent quasiment pas de strate arbustive, laissant ainsi le pied à la lumière. Les arbres greffés, qui constituent les vergers, présentent des caractéristiques gustatives ou productives particulières. Ils sont appelés les Nouzillards. Des cavités peuvent se former sur les branches principales ou sur le tronc du Nouzillard suite à des blessures anciennes d’origine diverse (branches cassées, trou de pics, …). En effet, les arbres greffés deviennent avec le temps tortueux et présentent des branches massives. Il arrive qu’avec le poids, ces branches cassent et laissent apparaître une ouverture béante. Celle-ci peut alors être soumise aux activités bactériennes et fongiques favorisant l’apparition d’une cavité. Deux aspects sont à prendre en compte dans cet habitat. Le verger et l’arbre : deux échelles d’habitat qui vont offrir refuge, aire de nourrissage et de reproduction à de nombreuses espèces.

Les vergers sont l’habitat d’espèces variées tels que les pics qui affectionnent les bois clairs et les haies ou les cétoines, comme le Pique-prune, qui occupent les cavités. De nombreuses autres espèces sont visibles tels que les carabes, insectes prédateurs carnivores, ou les priones (Prionus coriarius), mais également toute la faune inféodée aux arbres à cavité (oiseaux, …).

Les premières greffes du Nouzillard à Lavernat remontent à 1800. A cette époque, la châtaigne permettait un revenu assez considérable. Au début du XXème siècle, cette variété locale connut son apogée. Elle était vendue sur les marchés d’Ecommoy, de Mayet et de Château-du-Loir, les revenus issus de ces ventes permettaient de payer les fermages. Mais entre 1939 et 1945, de nombreux arbres ont été abattus et dessouchés pour extraire le tanin utile au traitement du cuir. La culture du Nouzillard a alors progressivement décliné. Les dernières greffes remontent à 1920. Les parcelles agricoles de vergers ont peu à peu été envahies par « le taillis ».

Au début de l'année 2009, le Conseil Général de la Sarthe a fait poser des panneaux d'information à proximité de châtaigniers remarquables à proximité de la Naillerie.

On trouve aussi 85 Nouzillards sur le site des Guillaumeries.

Natura 2000 : le pique-prune et le Nouzillard en images